C’est une nouvelle affaire de disparition d’enfant qui a bouleversé le pays. Lyhanna avait été aperçue en vie pour la dernière fois le 29 mai 2026, à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers. Mais la jeune fille de 11 ans n’est jamais rentrée à la maison. Après le signalement de sa disparition en début de soirée à la gendarmerie, un dénommé Jérôme Barella a été rapidement interpellé, avant d’être mis en examen et placé en détention provisoire.

L’homme de 41 ans a été filmé par les caméras de la ville en train de faire monter la fillette dans son véhicule. Lyhanna ne s’est pas méfiée puisque Jérôme Barella est le père de l’une de ses camarades de classe, qui avait pris l'habitude de venir la chercher à la sortie des cours. Pourtant, il était aussi bien connu des services de police. Car cela fait des années que le quadragénaire était visé par des plaintes pour viols sur mineurs, qui n’ont visiblement pas alerté la justice.

Une justice défaillante

En effet, les dépôts de plaintes n’ont abouti à rien et Jérome Barella n’a jamais été convoqué ni auditionné par les autorités. Ce jeudi 4 juin, le corps de Lyhanna a été retrouvé dans une installation agricole désaffectée de Puycasquier, à 15 kilomètres de Fleurance. Une macabre découverte qui a provoqué l’indignation nationale, poussant les membres du gouvernement à rendre des comptes.

Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 8 juin, Gérald Darmanin a bien reconnu "un terrible échec de l’État et de la justice". Cependant, le garde des Sceaux a écarté toute éventuelle démission, considérant "que cette défaillance, ici, ne tenait pas aux instructions que le ministère (de la Justice) a donné".

Mais soucieux d’enfin prendre des mesures efficaces pour éradiquer ce fléau, Gérald Darmanin a adressé une circulaire aux procureurs généraux et procureurs de la République pour ordonner le "traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur les mineurs". Si l’on en croit ses propos, 70 000 plaintes, relevant d’inceste et/ou de pédophilie, devraient être examinées d’ici juillet prochain.

Une artiste en colère

Ce dimanche 7 juin, une marche blanche a été organisée en l’honneur de Lyhanna, à Fleurance, mais aussi dans des centaines d’autres villes de France. À Paris, Lio était aux premières loges et a fait part de sa colère auprès du média Ici. Au-delà de la peine, la chanteuse a surtout pointé du doigt la passivité de la justice, qu’elle juge responsable d’un drame qui aurait pu être évité :

Je suis là parce que j’attends la vague, la lame de fond qui va vraiment faire que ça change parce que je n'attends rien d'eux.

A lâché la maman de Diego, visant les méthodes de la magistrature française.

Et de poursuivre, désabusée, mais toujours avec la verve qu’on lui connait :

Ils ne veulent pas de justice pour nous, ils ne veulent que se protéger. Il n’y a pas de dysfonctionnement. C'est comme ça que ça fonctionne la justice française pour les femmes et les enfants. Dès qu'on vole une banque, ils sont sur le coup. Mais pour nos enfants, ils ne sont pas sur le coup.

Un dernier au revoir

Comme relayé par La Dépêche du Midi, "les obsèques civiles seront célébrées, le vendredi 12 juin 2026, à 14h30 au cimetière de Fleurance", informe l’avis de décès de Lyhanna, publié dans le journal régional. Un dernier moment de recueillement nécessaire pour la famille de la jeune fille. Lors de la marche blanche à Fleurance, qui a réuni 6000 personnes, la tante de Lyhanna a lu une lettre écrite par ses parents, bien trop éprouvés pour pouvoir prendre la parole.

Les mots me manquent. Personne, je pense, n'est prêt à vivre une disparition aussi brutale que celle que nous vivons depuis vendredi. Notre petit monde tout entier s'est écroulé. Lyhanna, pardon, pardon pour ce que tu as vécu. Nous t'aimons tellement.

StarMag.com
Lyhanna @ Archives familiales

Grégory Bobbato, le maire de Fleurance, avait également pris la parole pour accuser la justice de n’avoir rien fait pour empêcher la "tragédie".