Patrick Bruel remonte sur les planches. Jusqu’au 7 juin 2026, le comédien de 66 ans donne rendez-vous à ses fans au Théâtre Édouard VII à Paris. Il est en effet à l’affiche de la pièce Deuxième Partie en compagnie de Marine Delterme et Stéphane Freiss. Par ailleurs, l’interprète de Qui a le droit s’apprête à partir en tournée dans toute la France pour les 35 ans de son album Alors regarde !
Mais c'est pour une tout autre raison que le chanteur fait parler de lui actuellement... L'artiste doit faire face à un énorme scandale. En effet, trois plaintes pour violences sexuelles ont déjà été déposées contre lui. Et ce jeudi 7 mai 2026, Mediapart a dévoilé les témoignages de quinze nouvelles présumées victimes. Sur le plateau de Tout beau tout n9uf, sur W9, le journaliste Gilles Verdez a fait le point sur cette affaire.

Quinze femmes brisent le silence
Les profils des quinze femmes entendues par Mediapart sont variés : kinésithérapeutes, psychothérapeute, figurantes, éclairagiste, stagiaire régisseuse, chanteuse, ex-mannequin, journaliste. Certaines ont témoigné sous des prénoms d'emprunt. Elles s’accordent à dire que Patrick Bruel n’aurait pas respecté leur consentement. Parmi elles, sept décrivent des relations sexuelles imposées. Et l’une d’elles était mineure au moment des faits.
Anastasia avait 33 ans lors de leur première rencontre en 2016, au cours d’un festival. Elle a dit avoir entretenu à cette époque une relation consentie avec le chanteur. Trois ans plus tard, elle l'avait contacté dans un cadre professionnel. Il lui avait alors proposé de la rejoindre à son domicile de Neuilly-sur-Seine. "Je me revois dans son lit, allongée sur le côté, en train de me faire sodomiser. Je ne suis pas dans mon corps. Puis j'ai le souvenir de repartir de chez lui sur mon Cityscoot en sentant le sperme couler sur mes cuisses", raconte-t-elle, avant de préciser avoir eu le "sentiment d'avoir été droguée".
Le témoignage d’Amandine est tout aussi glaçant. La psychothérapeute avait 20 ans au moment des faits. Selon ses propos, Patrick Bruel l’avait repérée au premier rang de son concert à Saint-Étienne en 2000. Sa meilleure amie Mélanie, présente ce soir-là, a confirmé qu’il lui avait proposé de monter dans sa chambre à l'hôtel Mercure après une soirée avec ses musiciens. Ils auraient entretenu une relation jusqu’en 2005. Elle s'est souvenue des chambres d'hôtel et du préservatif qu'il refusait de porter. Et surtout d’une phrase qu’il lui aurait lancée : "Ne le dis à personne. De toute façon, personne ne te croira".
Daniela Elstner confirme ses accusations
Sur le plateau de Tout beau tout n9uf, Gilles Verdez a révélé les dernières informations sur cette affaire. Daniela Elstner, qui a décidé de porter plainte contre Patrick Bruel même si les faits sont prescrits, a été auditionnée pendant 4 heures par la police judiciaire parisienne. L’actuelle directrice d’Unifrance, chargée de promouvoir le cinéma français, l’accuse "de tentative de viol et d’une agression sexuelle en 1997". Sa démarche vise à libérer la parole. Le chroniqueur de Cyril Hanouna poursuit :
Elle explique que, selon elle, Patrick Bruel l’aurait agressée dans une voiture et dans un bungalow d’hôtel. Je rappelle que lui dément fermement ses accusations, qu’il affirme, et ses avocats également, n’avoir jamais forcé qui que ce soit. Donc, il y a des enquêtes ouvertes en France et en Belgique.
Patrick Bruel nie tout en bloc
Auprès de Mediapart, les avocats de Patrick Bruel ont expliqué que ces témoignages sont "parfois contradictoires ou incohérents". L'interprète de Place des Grands Hommes, qui bénéficie de la présomption d'innocence, nie toute agression. Il affirme n’avoir "jamais utilisé sa notoriété ou sa position pour obtenir des relations sexuelles".
Comme l’a précisé Gilles Verdez, Patrick Bruel n’a "jamais été entendu". Et pour le moment, ses concerts sont maintenus. "Il n’y a pas de nouveau sur le front judiciaire", conclut-il.