Ce dimanche 29 mars 2026 marquait les dix ans de la mort de Jean-Pierre Coffe. Restaurateur devenu critique gastronomique réputé pour ne pas mâcher ses mots, sa profession lui a ensuite ouvert les portes du petit monde du PAF. À la tête de plusieurs restaurants gastronomiques fréquentés par de nombreuses personnalités publiques, il s'est vu proposer dans les années 80 par le journaliste Jean-Louis Burgat de passer une audition pour la matinale de Canal+, afin d'y présenter une rubrique cuisine.

En 1990, il rejoint Les Grosses Têtes, sur RTL, qu’il quittera en septembre 2010. En parallèle, Jean-Pierre Coffe a été chroniqueur dans plusieurs émissions de Laurent Ruquier, comme Rien à cirer, sur France Inter, ou bien On va s’gêner, sur Europe 1. De 1998 à 2008, il a été aux commandes de Ça se bouffe pas, ça se mange, sur France Inter, une émission consacrée au domaine de l’alimentation.

Et quand il était question de donner son avis sur le sujet, Jean-Pierre Coffe n’était pas du genre à faire dans le politiquement correct. Certaines de ses interventions à la radio ou à la télévision restent d’ailleurs mémorables, comme son style haut en couleurs ou sa célèbre phrase choc : "Mais c’est de la m*rde !", devenue sa signature lorsqu’il critiquait sans filtre les produits alimentaires industriels.

Un traumatisme évident

En avril 2015, il laissait entendre dans la presse qu’il était atteint d’une grave maladie, indiquant être "en phase terminale". Jean-Pierre Coffe est mort d’une crise cardiaque dans la nuit du 28 au 29 mars 2016, à l’âge de 78 ans. Jusque dans ses derniers instants, il a pu compter sur le soutien et les petites attentions de Christophe Colbeau, qui partageait sa vie depuis plusieurs années.

Au cours d’une précédente interview, ce dernier s’était confié auprès de Gala sur son deuil très compliqué : "Je ne dormais plus, je ne pouvais plus allumer la radio, la télé. J’ai vécu l’enfer pendant des mois, je ne pouvais plus sortir de chez moi".

Dix ans après la disparition de son compagnon, Christophe a souhaité témoigner des dernières heures de l’ancien sociétaire des Grosses Têtes, toujours dans les colonnes de Gala. Et d’assurer, soulagé de ne pas l’avoir vu souffrir, qu’"il est parti apaisé" :

Il a réussi sa vie, mais il a aussi réussi sa mort. Sa grande angoisse, c’était de devenir grabataire, d’avoir un AVC, qu’on le pousse en fauteuil roulant… Il n’aura pas connu ça. Il s’est éteint brutalement et sans connaître les problèmes liés à la vieillesse.

Malgré tout, Christophe reste profondément marqué par les derniers instants de Jean-Pierre Coffe, qui “allait très bien” jusqu’au week-end de Pâques. Hélas, son état a rapidement commencé à se dégrader.

Il m’a d’abord dit : "Bonne nuit", puis m’a appelé en me disant qu’il ne se sentait pas bien et a fait une crise cardiaque. J’étais loin de m’attendre à ce que j’ai vécu cette nuit-là.

S’est souvenu celui qui vit toujours à Saint-Denis-Lanneray, où les cendres du gastronome ont été dispersées.

Une passion commune

Si la douleur demeure toujours aussi vive, Christophe a expliqué que la passion qu'il partageait avec Jean-Pierre Coffe l’aide néanmoins quelque peu à surmonter cette épreuve. Il consacre ainsi à présent le plus clair de son temps au jardinage, afin de ne pas ruminer des idées noires. “Quand vous passez six heures par jour dedans, vous ne pensez à rien d’autre et vous travaillez. C’est une forme de thérapie”, a-t-il estimé, avant de détailler les travaux qu’il a réalisés sur la propreté ces dix dernières années :

Je l’entretiens, je l’embellis, j’organise des visites. J’ai aussi ouvert un gîte. Je fais vivre la maison comme avant.

Aujourd’hui, Christophe, qui était déjà en charge de l’entretien de leur maison quand Jean-Pierre Coffe se trouvait à Paris, souhaite continuer à perpétuer sa mémoire et préfère ne garder que les bons souvenirs :

Il était peut-être un peu moins véhément, mais pour autant, il savait s’affirmer. On avait une grande complicité, on se comprenait sans avoir besoin de se parler. Il était parfois d’une mauvaise foi née, mais avec l’œil qui frisait. Quand il disait : "Non, c’est pas vrai", ça voulait dire : "Oui, tu as raison". C’était très drôle !

Toujours autant provocateur, Jean-Pierre Coffe avait notamment mis son chéri au défi :

Avant de partir, Jean-Pierre m’a fait une réflexion à la Coffe, en me disant : "Si jamais il m’arrive quelque chose, tu n’arriveras jamais à la tenir cette maison". C’était une façon de me motiver pour que j’y arrive.

Pari réussi !

StarMag.com
Jean-Pierre Coffe @ France Télévision