Le 27 mars 2025, Netflix dévoilait sur sa plateforme un documentaire intitulé De rockstar à tueur : le cas Cantat. Créé par Zoé de Bussierre, Karine Dusfour, Anne-Sophie Jahn et Nicolas Lartigue, le documentaire a énormément fait parler. Il a su mettre en exergue la surprenante complaisance qui a pu exister autour de Bertrand Cantat suite à la mort de Marie Trintignant.

Pour rappel, l’actrice est décédée le 1er août 2003 après avoir été victime des coups du chanteur du groupe Noir Désir dans la nuit du 26 au 27 juillet. Ce dernier n’a pas nié avoir été violent envers elle suite à une dispute de couple. Pas moins de 19 coups au visage ont été portés à l’actrice de 41 ans.

Condamné à huit ans de prison par la justice lituanienne en mars 2004, il a bénéficié d’une libération conditionnelle en octobre 2007 pour bonne conduite.

Bertrand Cantat ou la victimisation d’un criminel

Les images de sa deuxième audition à Vilnius, en Lituanie, où le drame a eu lieu, ont été diffusées dans le documentaire. Ces dernières laissent sans voix.

« Je vous assure que la prochaine fois qu’il m’arrive quelque chose comme ça, je vais prendre tous les détails. » avait déclaré au procureur celui qui avait changé de version des faits durant ses interrogatoires. Celui qui a crié à « l’injustice » semblait vouloir inverser les rôles et se faire passer pour la victime de cette histoire tragique.

Marie Trintignant, privée à jamais de la parole, était malgré tout pointée du doigt par certains. Ils cherchaient en elle ce qui aurait pu pousser Bertrand Cantat à commettre l’irréparable. Que ce soit une prétendue folie ou bien le fait que ses enfants avaient des pères différents, tout était bon pour justifier l’injustifiable et se déculpabiliser d’écouter les chansons de Noir Désir ou bien de faire du profit grâce au groupe à succès.

Médiatiquement perçu comme un « crime passionnel », la réalité des violences conjugales était peu mentionnée à l’époque, montrant alors à quel point les médias ont évolué sur la question des féminicides, encore malheureusement bien trop nombreux.

Serge Teyssot-Gay, cofondateur de Noir Désir, prend la parole

Suite à la diffusion du documentaire Netflix, Serge Teyssot-Gay, cofondateur de Noir Désir et guitariste du groupe jusqu’en 2010, a été interpellé à ce sujet. C’est via son compte Facebook qu’il a pris la parole. « Puisqu’on me re-re-somme de m’exprimer, voilà un de mes posts de 2017 qui reprend un communiqué de 2010. Donc ça fait 15 ans. »

Il a ainsi repartagé ce qu’il avait pu déclarer à l’AFP lors de l’annonce de son départ du groupe.

Je fais part de ma décision de ne pas reprendre avec Noir Désir pour des désaccords émotionnels, humains et musicaux avec Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d’indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années.

« Je ne prendrai plus la parole à ce sujet, inutile de me solliciter », avait-il ajouté en 2017, en repartageant cette déclaration.