« Aveugles et immatures », par facilité : c’est ainsi que Frah, le chanteur de Shaka Ponk, a qualifié les membres de son groupe et lui-même. En tout cas, c’est ainsi qu’ils étaient, selon lui, à l’époque.

C’est ce mercredi 8 juillet 2026 qu’il a pris la parole sur son compte Instagram pour revenir sur un gros regret : la collaboration de Shaka Ponk avec Bertrand Cantat sur le titre Palabra Mi Amor, enregistré en 2011.

Frah, de Shaka Ponk, sur le duo avec Bertrand Cantat : « On était très cons »

« C'était juste totalement débile de faire ce duo », a-t-il déclaré. C’est avec le chanteur, condamné en 2003 pour le meurtre de Marie Trintignant, que Shaka Ponk avait accepté de chanter. « C'était complètement déplacé et grave de faire cette collaboration », a poursuivi celui qui juge important de s’exprimer aujourd’hui, malgré les tentatives de certains de l’en dissuader.

« On a fait de la merde et on regrette sincèrement », a déclaré Frah, comprenant désormais l’incompréhension, la colère et la douleur que continue de provoquer cette collaboration. Il s’en veut par rapport à ce que subissent toutes les femmes depuis la nuit des temps et les victimes de violences conjugales, ainsi que par rapport aux proches de Marie Trintignant.

Pourquoi ce duo ? « On était très cons » dans une société « très patriarcale » et « sourde ».

« Ce qui nous a éclairés, en tout cas ce qui nous a fait sortir de cette léthargie cognitive, c'est MeToo. C'est en grande partie grâce à MeToo que la réalité nous a explosé en plein visage. On a fait de la merde et on le regrette sincèrement », a-t-il expliqué.

Un changement de discours radical

Cette prise de conscience est d’autant plus étonnante qu’en 2014, Frah avait notamment déclaré à Voici avoir noué « une relation d’amitié » avec Bertrand Cantat. Quatre ans plus tard, il revenait même, avec Sam, sur le choix de ce duo qui a beaucoup fait parler, expliquant alors croire en la rédemption.

« Bertrand Cantat a commis quelque chose de très grave, mais on croit aussi que, comme n'importe quel prisonnier, il a le droit à la rédemption, le droit de reprendre sa place dans la société ».

Frah avait raconté qu’ils avaient beaucoup échangé avec Bertrand Cantat avant de se lancer dans ce projet commun : « Il a une réelle douleur, un sincère regret, un sincère repentir. Il y a des gens qui le rejettent, nous on l'accueille ».

Aujourd’hui, Frah tient un discours opposé à celui qu’il tenait auparavant. Un revirement à 180 degrés. « On s'est trompés de combat, on s'est trompés de chemin. Et c'est impardonnable », a-t-il ajouté, affirmant au passage que Bertrand Cantat « n’aurait jamais dû remonter sur scène ».

Frah ne minimise cependant pas son rôle dans la réhabilitation du chanteur et affirme désormais regretter ce choix. « On avait fait partie du problème. On était du côté de ceux qui se taisent, de ceux qui tolèrent ou qui cautionnent », a-t-il conclu.