Trois enquêtes sont en cours en France et en Belgique après le dépôt de cinq plaintes visant Patrick Bruel. Accusé par 19 femmes, dont certaines étaient mineures au moment des faits, d’agressions sexuelles et de viol, l’artiste de 66 ans se trouve au cœur d’un énorme scandale. Et depuis, des collectifs féministes ont haussé le ton. À l’instar de Salon féministes, elles exigent l’annulation des concerts du "présumé agresseur".

De nombreuses personnalités, telles que la comédienne Anna Mouglalis, la journaliste Giulia Foïs et la chanteuse Pomme, entre autres, ont signé la pétition demandant l’annulation de sa tournée. Du côté des organisateurs, les avis sont partagés. Si certains continuent de soutenir l’interprète de Casser la voix, d’autres évoquent un certain malaise.

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Patrick Bruel @ DR

"La présomption est le maître-mot"

Malgré les révélations fracassantes à l’encontre de Patrick Bruel, ses fans ont été nombreux devant le théâtre Édouard VII à Paris. Un soutien indéfectible pour leur chanteur qui continue ses activités professionnelles. Les spectateurs interrogés sur la sombre affaire dont il fait l’objet ont généralement parlé de la présomption d'innocence.

Même son de cloche du côté du producteur Daniel Devoux, en charge du festival L'été au château à Salon-de-Provence. "Il n'y a pas de déprogrammation du tout à l'ordre du jour", a-t-il fait savoir à nos confrères de RTL.

La présomption est le maître-mot. Aujourd'hui, les juges jugent et les producteurs produisent. Patrick Bruel, on l'a produit plusieurs fois. Ce n'est pas la première date. Si j'avais eu le moindre problème aujourd'hui, je le dirais.

Certains associés préfèrent toutefois prendre leurs distances. C’est notamment le cas du centre commercial Cap 3000 à Saint-Laurent-du-Var qui ne figure plus parmi les partenaires. D’autres organisateurs de festivals, notamment celui de la Manche à Jullouville, ont aussi exprimé leur désarroi. En effet, ils ne peuvent pas faire machine arrière et se désolidariser des événements déjà prévus.

"On est abattus (…) On se sent injustement associés ou désassociés à une cause qui nous est chère. On n'a pas fait ce métier pour ça. J'ai des questionnements de partenaires qui se posent la question de venir avec des clients", déplore un organisateur du festival Les Grandes Marées.

Et de poursuivre :

J'ai l'interrogation des collectivités également (…) On a signé un contrat avec lui. Le public est complet. Voilà, si on doit annuler, on doit payer l'artiste. Rembourser le public, ça représente pas loin de 500 000 euros pour nous. C'est mettre 65 personnes au chômage. Économiquement, c'est mourir aussi pour nous.

Patrick Bruel redoute la présence de collectifs féministes à ses concerts

De son côté, Robert Albergucci, directeur du festival Le Son à Toulon, a fait part de ses inquiétudes face à d’éventuels débordements. "L'angoisse que j'ai, et beaucoup de mes amis qui font des festivals, c'est est-ce qu'il ne va pas y avoir quand même une vindicte populaire de certains collectifs qui ne va pas entraver la bonne marche des festivals en France ?", confie-t-il.

Nos confrères de RTL rapportent également que d'après l’entourage de Patrick Bruel, l'artiste considèrerait comme positif que sa pièce à Paris se joue à guichets fermés, craignant des actions de collectifs féministes.   

À titre d’information, l’interprète de Qui a le droit fête les 35 ans de son album Alors regarde avec une tournée exceptionnelle en France, en Suisse, en Belgique et au Canada. Celle-ci débutera le 16 juin 2026 à Paris avant de passer par Montréal et Québec en fin d’année.