Ce mardi 2 juin 2026, les fidèles de M6 ont eu droit à un numéro inédit de l’émission Appel à témoins, présentée par Julien Courbet et consacrée en majeure partie à l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Depuis maintenant quinze ans, l’homme est porté disparu après la découverte des corps de sa femme Agnès et de leurs quatre enfants, enterrés sous la terrasse de la maison familiale, à Nantes. Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu une dernière fois le 19 avril 2011 dans la commune varoise de Roquebrune-sur-Argens et n’a plus jamais donné de signe de vie.

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Famille Dupont de Ligonnès @ Archives familiales

Alors que le mystère reste entier, l’enquête suit son cours et de nombreuses théories ont vu le jour concernant le sort du fugitif, toujours présumé innocent aux yeux de la justice. Aussi, le programme de la sixième chaîne, qui promettait de délivrer de nouvelles informations capitales, était très attendu des téléspectateurs. Mais ceux-ci seront restés sur leur faim, d’autant plus que l’un des principaux témoignages s’est révélé être totalement faux.

M6 et Julien Courbet tombés dans le panneau ?

En effet, un certain père Marc, prétendu homme d’Église dans l’Aude, a déclaré avoir échangé avec Xavier Dupont de Ligonnès dans le cadre d’une confession. "Il est venu passer quelques jours pour se confesser. Il s’est confié à moi. C’est un homme très mal dans sa peau. Il était vraiment désemparé et dans un état dépressif", a affirmé le supposé prêtre.

Et d’ajouter, face à un Julien Courbet médusé :

Avec notre évêque de Carcassonne, depuis un an, nous avons décidé d’en parler. Avant, nous ne voulions pas attirer la lumière chez nous dans le monastère. Mais j’étais au courant de la diffusion de l’émission et j’ai échangé avec l’évêque pour dénoncer ce cas. Il n’y a pas que cela dans l’Église, il y a aussi des viols commis dans nos paroisses. On dénonce tout désormais.

Seulement, dans une vidéo postée dès le lendemain sur les réseaux sociaux, l’évêque de Carcassonne a tenu à rétablir la vérité. Contacté par le quotidien L’Indépendant et cité dans le témoignage comme ayant donné son accord pour faire de telles révélations, Monseigneur Bruno Valentin a fermement démenti les informations avancées par son prétendu confrère, indiquant qu’"il n’y a pas de père Marc dans cette communauté religieuse".

"La séquence est totalement fausse. M6 ne m’a pas appelé, ni ce monsieur", a-t-il commencé, précisant néanmoins qu’"il existe, en effet, une congrégation de frères et de sœurs dans ce village de l’Aude mais il n’y a pas de prêtre qui se nomme ainsi".

Il est assez incroyable de voir un média comme M6 diffuser ce témoignage. D’autant plus qu’il y a un passif avec l’affaire de l’homme en Écosse, qui avait été arrêté alors qu’il ne s’agissait pas de Xavier Dupont de Ligonnès. Je pense cependant que cet homme qui a témoigné connaît bien le département de l’Aude. Il est difficile d’imaginer qu’il ait choisi cette communauté par hasard.

Julien Courbet réagit

Après cette prise de parole, M6 et Julien Courbet ont fait l’objet de vives critiques de la part des internautes, leur reprochant leur manque de vigilance et de vérification. Aussi, ce mercredi 3 juin, dans son émission Ça peut vous arriver, diffusée sur RTL et M6, l’animateur de 61 ans a tenu à faire une petite parenthèse pour répondre aux téléspectateurs en colère :

Je ne cherche pas à me trouver d’excuses. Je sais qu’aujourd’hui, je vais en prendre plein la gueule. (…) Il y a même des confrères qui se permettent de juger. Peu importe, c’est mon métier, je suis payé pour ça. Allez-y, chargez-moi, je n’ai pas de souci avec ça.

Julien Courbet est ensuite revenu en détails sur le déroulement de l’émission, sans toutefois se dédouaner :

Je suis en plateau, j’ai une oreillette et on est en direct. On me dit : "On te passe quelqu’un, il faut le prendre, etc". Aujourd’hui, il apparaît que le monsieur qui nous a appelés nous a peut-être un peu roulés dans la farine. D’ailleurs, c’est pour ça que je prends souvent des pincettes en disant : “Attention, ce n’est pas parce que quelqu’un appelle qu’il dit la vérité".

"C’est d’ailleurs le principe d’“Appel à témoins en direct", a-t-il rappelé, avant d’admettre qu’"on peut remettre en cause le principe de l’émission" et n'avoir "aucun souci là-dessus".

Hier, il y a un homme qui nous appelle. (...) Vous êtes en régie mais ce qui est assez dingue, c’est que, écoutez bien, ce monsieur, visiblement, n’était pas curé, mais vous avez passé la nuit, vous m’entendez, la nuit entière au téléphone avec cet homme qui laisse son numéro de téléphone.

Présent sur le plateau, le journaliste Stan Vignon a pris le relais : "Ce monsieur nous appelle hier en régie. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on reçoit plus de mille appels pendant l’émission. Il y a des journalistes, des enquêteurs de la RPD, des gens qui sont habitués à recueillir des témoignages comme ça. On filtre quand même beaucoup", a assuré le journaliste.

Lorsqu’un témoignage nous paraît à peu près sérieux, c’est-à-dire qu’on pose quelques questions et qu’on se dit que ce monsieur a l’air à peu près cohérent dans ses propos, alors on décide de le passer à l’antenne.

Stan Vignon a également raconté comment s’était déroulé leur prise de contact avec le faux père Marc. "Ce monsieur se présente comme un prêtre, nous dit : “J’ai toutes les preuves, il n’y a aucun problème. Je peux vous envoyer une photo. Je peux même vous envoyer le numéro de téléphone de Xavier Dupont de Ligonnès”. Nous, derrière, on vous le passe, vous lui parlez", s’est-il souvenu.

Ce qu’il faut savoir, c’est que derrière, lorsqu’on le reprend en régie, moi, ce monsieur, je continue et je le harcèle un peu en lui disant : “La photo, la photo, la photo, ça ne vient pas”. On essaye d’avoir une confirmation avant la fin de l’émission, on n’y parvient pas. Une demi-heure après la fin de l’émission, on est quand même un petit peu chagrin en coulisse d’Appel à témoins.

Car "à ce moment-là, on n’a qu’une envie, c’est de pouvoir vérifier l’information mais vérifier une information à 23 h, c’est quand même assez difficile", s'est-il justifié.

En mai dernier, des messages troublants de Xavier Dupont de Ligonnès postés sur un forum catholique en 2017, soit six ans après le drame, ont refait surface et ont été ajoutés au dossier.