À 60 ans, Arthur reste un membre incontournable du PAF. De son vrai nom Jacques Essebag, il débute sa carrière dès l’âge de 16 ans au sein d’une radio locale, avant de rejoindre RFM en 1983, où il anime les matinales aux côtés de Laurence Boccolini. C’est à cette époque qu’il décide de prendre le pseudonyme d’Arthur, notamment pour se distinguer d’un autre animateur prénommé Jacques Mossino.
Après un passage sur Skyrock et Fun Radio, Arthur a officié sur Europe 1 puis Europe 2, entamant en parallèle une carrière à la télévision. Depuis 1992, il s’est imposé comme l’un des animateurs vedettes du petit écran. Il cumule également les casquettes de producteur et d’entrepreneur. Ainsi, il n'hésite pas à prendre des risques qu’il souhaite avant tout rentabiliser. Seulement, même les hommes d’affaires les plus aguerris peuvent parfois se louper.
Un échec cuisant
Fort du succès de Vendredi tout est permis, Les Enfants de la télé ou bien Stars sous hypnose, Arthur était plus qu’enthousiaste lors du lancement de District Z sur TF1, à l’hiver 2020, avec Denis Brogniard aux commandes. Au micro du podcast Fracture, Arthur est revenu sur une expérience qui lui aura laissé un goût amer et surtout, coûté une coquette somme d’argent.

En effet, la production n’avait pas lésiné sur les moyens pour faire de District Z une émission qui se voulait spectaculaire et capable d’être exportée à l’étranger. Sur le papier, le concept inspiré des plus grands formats internationaux avait de quoi séduire.
Arthur n’a d’ailleurs pas caché qu’il croyait profondément au potentiel du programme, avec son décor impressionnant, ses centaines de figurants et de cascadeurs, ainsi que sa mise en scène digne d’une superproduction.
Raison pour laquelle il n’a pas hésité à mettre la main à la poche, persuadé de rapidement pouvoir amortir les frais. Mais rien ne s'est passé comme prévu. "C’est un four, mais ce n’est pas un échec", tenu à préciser celui qui vient de perdre sa mère.
Une manière d’expliquer que même si le programme n’a pas rencontré le succès escompté, ce n’est pas à cause d’un rejet du public.
Un mauvais timing ?
Avec 10 millions d’euros investis, le budget global de la production de District Z était partagé entre TF1 et Satisfaction Group, la société de production d’Arthur. Un pari certes risqué mais qui aurait pu rapporter gros au vu de l’intérêt des diffuseurs étrangers, plus qu’emballés par ce concept inédit.
Il y a 10 millions d’euros d’investissement, TF1 prend la moitié à sa charge, ce qui est énorme, et moi je prends mon risque de producteur et je mets autant de ma poche, notamment parce que quand j’ai présenté le pitch à l’international, j’avais déjà 10 clients qui voulaient tourner dans mon décor… Ça faisait une centaine d’émissions donc j’amortissais tout de suite les 5 millions.
Mais alors que tout indiquait que l’opération allait devenir extrêmement rentable, le destin s’en est mêlé pour tout faire basculer. "Neuf jours avant la première : le Covid !", s’est souvenu Arthur, encore visiblement incrédule. De quoi tout faire capoter, au vu des nombreuses restrictions qui ont été mises en place pour endiguer la pandémie.
"J’ai perdu 5 millions d’euros"
En quelques jours, l’ensemble des industries ont été frappées de plein fouet, et celle du divertissement n’a pas été épargnée. Les déplacements sont devenus extrêmement limités, les tournages internationaux progressivement annulés, tandis que les figurants ont dû être hébergés dans des hôtels, pour mieux limiter les contacts.
Et alors que les personnalités retenues au casting devaient être régulièrement testées, les coûts ont fini par exploser, balayant les perspectives d'une éventuelle rentabilité. Mais paradoxalement, District Z a plutôt été bien accueilli par le public français. Arthur a ainsi rappelé que le lancement avait enregistré "la plus grosse audience de TF1 depuis 2001 pour le lancement d’un divertissement", avec "47 % de part de marché".
Des chiffres plutôt satisfaisants mais qui n’auront toutefois pas été suffisants pour un maintien à l’antenne. Toujours auprès de Fracture, Arthur a révélé avoir "perdu les 5 millions d’euros" qu’il avait investis. Un premier revers qui ne l’a pas empêché de relancer la machine avec une deuxième saison l’année suivante.
Malheureusement, une nouvelle vague épidémique, liée cette fois au variant Delta, a définitivement compromis ses projets de développement à l'international. Face à cette accumulation d’obstacles, le mari de Mareva Galanter a donc pris la décision de lâcher prise et d’enterrer définitivement son projet.
Je suis chef d’entreprise, je ne peux pas me permettre de perdre autant de millions chaque année.
A-t-il informé, faisant comprendre qu'on ne l'y reprendra plus.
Une erreur de parcours qui lui aura certainement servi de leçon et qu'il n'est pas près d'oublier.