Cinq ans après les faits, l’affaire Cédric Jubillar connaît un tournant décisif. Le 6 juillet dernier, neuf mois après sa condamnation à trente ans de réclusion criminelle, ses avocats ont fait savoir que ce dernier avait reconnu être à l’origine de la disparition de Delphine Aussaguel, son épouse et la mère de ses deux enfants. "Il m'a remis un écrit détaillé dans lequel il formule des aveux de culpabilité", confirmait Me Pierre Debuisson auprès de La Dépêche du Midi, ajoutant avoir "pu créer un véritable lien de confiance avec Cédric Jubillar".

J’ai senti un homme affaibli, mais qui avait besoin de parler. Et au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement, après toutes ces années où il s’est senti maltraité par les enquêteurs et harcelé par la pression médiatique. Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants.

Aussi, après des années à avoir clamé son innocence, l’ancien peintre-plaquiste de 38 ans s’est montré pleinement coopératif avec les forces de l’ordre et leur a donné toutes les indications nécessaires pour retrouver les restes de l’infirmière de 33 ans.

Le 16 juillet 2026, des ossements ont été découverts non loin de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, à une quinzaine de kilomètres du domicile des parents de Louis et Elyah. Les résultats des expertises médico-légales n’ont pas tardé à révéler qu’il s’agissait bien de ceux de la mère de famille, qui s’est volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

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Delphine et Cédric Jubillar @ DR

Un récit glaçant

Comme le rapporte La Dépêche du Midi, Cédric Jubillar a ensuite été auditionné par Valérie Noël, magistrate désignée par la présidente de la cour d'assises de la Haute-Garonne. C’est en détail qu’il est revenu sur la nuit du drame, qui aurait dégénéré au cours d’une énième scène de ménage.

Car cela faisait déjà un bon moment que le couple battait de l’aile. Au point que Delphine Aussaguel avait entamé une procédure de divorce et fréquentait un autre homme. Ce qu’elle n’aurait pas hésité à annoncer à Cédric Jubillar lors de cette dernière dispute.

Des mots qui l’auraient fait "vriller". "Je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée en lui disant : "Tais-toi". Quand je faisais ça, elle était en face de moi, je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard", a-t-il raconté.

Elle est tombée inerte. Je me souviens aussi que je serrais, je répétais en boucle, trente, quarante, cinquante fois, je ne sais pas, tais-toi. Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique. Je suis tétanisé.

Mais le trentenaire semble avoir vite retrouvé ses esprits puisqu’il a ensuite chargé le corps de son épouse dans la voiture de cette dernière, descendu la pente au point mort pour ne pas réveiller les voisins avant d’abandonner son corps dans un tas de fumier situé dans un champ de la commune de Mailhoc.

Des aveux stratégiques ?

Aussi, certains ne sont pas vraiment convaincus par ces aveux tardifs, comme Sarah Saldmann, qui a fait part de son avis bien tranché sur le plateau de CNews, ce mercredi 22 juillet. Selon l’avocate, Cédric Jubillar aurait surtout avoué dans le but de voir sa peine réduite, plutôt que de vouloir véritablement soulager sa conscience. "J’ai plus le sentiment d'aveux opportunistes, parce qu'il fait ses aveux avant la cour d'assises d'appel", a-t-elle déclaré.

Et de développer :

Pourquoi ? A priori, peut-être pour voir sa peine diminuée. Il semble accuser sa femme et on le voit souvent dans les dossiers de violences conjugales, les hommes disent souvent : "Elle m'a provoqué, c'est elle qui a commencé, elle m'a poussé à bout".

La chérie de Luc Besson a poursuivi en déplorant que "finalement, il accule son récit à l'idée qu'elle aurait causé cette conséquence, et c'est dramatique".

On ne tue pas une femme parce qu'elle parle. En plus, on n'a pas la preuve de ce qu'elle a dit, et quand bien même elle l'aurait dit, cela ne justifie ni de mourir ni de se faire frapper.